Léon WALRAS (1834- 1910)
1) La théorie de l'échange et de la production.
- Dans un cadre de concurrence pure et parfaite ( avant d'envisager
l'oligopole), Walras étudie l'équilibre entre quantité
d' offre et quantité de demande et les rapports d'échange
ou prix relatifs. Walras n'étudie pas la valeur d'usage,
mais la valeur comme combinaison de l'utilité et de la
rareté qui sera " l'utilité du dernier besoin
satisfait" ( Cf. Jevons le degré final d'utilité),
les besoins décroissant en fonction des quantités,
d'où la loi de l'égalisation des utilités
marginales pondérées aux prix des facteurs.
En fait, il traite successivement de la "détermination
mathématique des produits" et de celle du prix des
services producteurs.
-Dans une économie d'échange pur, les quantités
disponibles des biens sont données et leurs prix sont proportionnels
aux utilités marginales (16 premières leçons).
Les prix ou rapports d'échange sont égaux aux rapports
inverses des quantités de marchandises échangées:
Pa / Pb = Mb/Ma
- Dans une économie de production qu'il introduit ensuite,
on examine les services producteurs qui doivent être distingués
des ressources qui les produisent, lesquelles forment le capital.
Il reprend les acquis de Say ( services producteurs) .
- les capitaux fonciers ou terres qui fournissent les services
fonciers - par ex. la fertilité.
- les capitaux personnels ou personnes qui fournissent les services
personnels ou travaux.
les capitaux mobiliers ou capitaux proprement dit qui fournissent
des services mobiliers.
Ces services producteurs ont un prix qui résulte du marché
tel qu'il se déroule entre possesseurs de capitaux et entrepreneurs
qui les consomment pour produire des marchandises.
On retrouve un système de production et un prix de production
tel que:
At pt + Ap pp + Ak pk + ....... = pA Bt pt pB
En somme, le prix de vente de chaque produit est égal
à son prix de revient en services producteurs.
2) L'équilibre général.
a) Cadre du raisonnement:
-la concurrence pure et parfaite, impliquant que le profit soit
nul .
-une économie statique: l'équilibre générale
est un équilibre simultané sur tous les marchés
interdépendants.
- le principe de dichotomie: une économie " réelle",
en prix relatifs où une marchandise sera choisie comme
numéraire.
- La centralisation des échanges analogue à la
Bourse: un processus de tatonnement avec un crieur tel qu'il n'existe
pas d'échange effectif en dehors de l'équilibre,
sinon des bons provisoires.
- En fait, un gigantesque système de troc : tous les biens
sont liquides et immédiatement échangeables.
- Deux postulats; le postulat de nomenclature ( la liste des
biens est donnée) et celui du numéraire ( un bien
est choisi pour normer la valeur des autres biens).
b) Objectifs.
On recherche les quantités échangées et
les prix d'équilibre tel que les individus obtiennent le
maximum de satisfaction.
- L'équilibre sur chaque marché est double pour
ce prix d'équilibre:
quantité échangée = quantité demandée.
quantité échangée= quantité offerte.
- Les prix chez Walras ( cf. la théorie moderne) sont
des véhicules d'information.
Loi de Walras : annulation des demandes nettes sur plusieurs
marchés ou encore idée que si n- 1 marchés
sont équilibrés, le énième l'est également.
La construction de Walras pose deux problèmes:
- celui de l'existence d'un équilibre général
unique.
- celui de sa stabilité.
Walras pose le problème plus qu'il ne le résout.
En effet, l'existence de l'équilibre général
ne se limite pas au fait qu'il y ait autant d'équations
que d'inconnues.
En effet ( Blaug, p. 682), on sait qu' un système de ce
type peut avoir des points d'équilibre multiple si les
courbes se coupent plusieurs fois , et il faut que les prix soient
finis et non négatifs.
Des prix négatifs impliquant des "biens libres "
, par ex. surabondants ( les travailleurs paient leurs patrons
pour être embauchés) sinon des nuisances.
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