Mondialisation/Anti-mondialisation
Remonter capitalisme et mondialisation libérale Une autre mondialisation des relations ambigues

MONDIALISATION / ANTI-MONDIALISATION

  La mondialisation s’est accélérée au début des années quatre-vingt-dix en raison de la chute du communisme, qui a laissé le champ libre à l’économie de marché, et de l’arrivée des nouvelles technologies de l’information, qui ont permis la transmission instantanée des données partout dans le monde et favorisé théoriquement la transparence indispensable au fonctionnement parfait du marché. Les expériences ultra-libérales de REAGAN et de THATCHER en Occident, désormais privé de modèle alternatif depuis l’effondrement de l’Union soviétique, ont été souvent considérées comme des réussites. Mais c’est faire peu de cas de dysfonctionnements qui se sont développés, comme les imperfections des marchés, les erreurs de gestion, les poches de pauvreté, les foyers de conflits, les errements de la spéculation financière, les difficultés des économies face aux nouvelles conditions de la concurrence, autant d’arguments en faveur des contestataires. 

Le développement , tel qu'il est conçu, ignore ce qui n'est ni calculable, ni mesurable : la vie, la souffrance, la joie, l'amour. La seule mesure de satisfaction est la croissance (de la production, de la productivité, du revenu monétaire). Défini uniquement en termes quantitatifs, le développement ignore les qualités de solidarités, les qualités du milieu, les qualités de la vie. Le PIB (produit intérieur brut) comptabilise comme positives toutes les activités de flux monétaires, comme les catastrophes (tempête, naufrage d'un pétrolier...), les pollutions consommatrices d'énergie et ignore les activités bénéfiques gratuites. Pour Edgar MORIN (Le Monde 26/03/2002), "le développement ignore que la croissance technico-économique produit du sous-développement moral et psychique : l'hyper spécialisation généralisée, les compartimentations en tous domaines, l'hyper individualisme, l'esprit de lucre entraînent la perte des solidarités".

La planète constitue un territoire disposant d'un système de communications, d'une économie, d'une civilisation, d'une culture, il lui manque un certain nombre de dispositions qui sont de gouvernance, de solidarité, de citoyenneté, de contrôle des pouvoirs, une conscience commune d'appartenance à la une planète unique. Une planète qui ne dispose pas réellement d'organisation, de droit, d'instance de pouvoir et de régulation pour l'économie, la politique, la police, la biosphère. Il n'y a pas de société civile mondiale, et la conscience que nous sommes ce que Edgar MORIN appelle "des citoyens de la "Terre-Patrie" est dispersée et embryonnaire.

Les « anti-mondialistes » remettent en cause cet ordre économique mondial. Un effort de clarification de ces concepts s’avère nécessaire. De quelle mondialisation s’agit-il ? Quelles sont les principales organisations anti-mondialistes ? Quels sont leurs objectifs ?

Dans une première partie, Amartya SEN, prix Nobel d’économie en 1998 et de Alain MINC, président d’AM Conseil analysent les caractéristiques essentielles de la mondialisation libérale, qui doit rester au cœur du système capitaliste. Ensuite, seront présentées les thèses anti-mondialistes, sensées déboucher sur une autre mondialisation, en distinguant d’abord les principaux mouvements en présence, puis leurs thèmes de mobilisation. Enfin, il faudra montrer l’ambiguïté des relations des ONG avec les États et avec les entreprises.